Grâce à ses capteurs de force, HBK aide Simond (Decathlon) à proposer des équipements de haute montagne toujours plus fiables, toujours plus sûrs

Toutes celles et ceux qui pratiquent les sports de haut montage connaissent Simond. L'entreprise savoyarde a toujours été à la pointe de la technologie des équipements pour alpinistes et ceux-ci ont été au cœur de toutes les conquêtes de l'impossible, notamment l'Annapurna (en 1950), premier sommet 8000 m franchi par l'homme (avec une équipe conduite par Maurice Herzog), et l'Everest (en 1953), le toit du monde (8840 m), avec Edmund Hillary et Norgay Tensing.

La société, qui exerce une activité industrielle depuis 1860, n'a jamais dévié de sa route, avec comme leitmotivs l'innovation et la qualité. En intégrant en 2008 l'enseigne Decathlon, Simond s'est vu dotée de nouveaux moyens pour renforcer sa présence sur le marché. Simond est devenue la marque dédiée aux activités de haute montagne de l'enseigne et en cette qualité, elle bénéficie d'investissements spécifiques pour renforcer ses positions.

Elle a emménagé dans des nouveaux locaux à Chamonix et vient de bénéficier d'un important investissement dans une machine d'essais de chutes permettant de tester le comportement des cordes, baudriers, harnais et autres accessoires d’alpinisme et d’escalade. Cette machine est équipée de capteurs de force de HBK, qui permettent de mesurer en dynamique la force exercée sur l'équipement sous test lors d'une chute.

« Cette tour de chute est conçue en interne dans une logique de sécurité, de précision et d’efficience. Jusqu'ici, nous utilisions des moyens d'essais externes, notamment la machine de l'ENSA (Ecole Nationale de Ski et l'Alpinisme) de Chamonix Mont-Blanc. Désormais, avec notre propre machine automatisée, nous pouvons réaliser des essais plus nombreux et à tous les stades de développement puisque la machine est accolée aux bureaux des concepteurs », commente Antoine Lomberty, ingénieur local du laboratoire d'essais mécaniques Décathlon.

Deux types d'essais

La machine permet de faire des essais de chute en axe libre et en axe guidé, d'une hauteur de d’environ 12 m utile. La machine comprend des actionneurs (moteurs électriques) et des capteurs, ainsi que toutes les sécurités.

« Ces éléments viennent de fournisseurs différents, aussi avons-nous développé notre propre système de contrôle-commande pour le pilotage, ainsi que notre propre système d'acquisition et de traitement des données », poursuit Antoine Lomberty.

Les essais en axe guidé concernent surtout les cordes et les longes de via ferrata (il s'agit de parcours balisés le long de parois rocheuses en milieu naturel, avec des échelles, cordes déjà en place, ponts et passerelles).

La corde à tester est arrimée d'un côté à un point fixe et passe dans un anneau placé à proximité de ce point fixe. C'est sur cet anneau qu'est placé le capteur de force. L'autre extrémité de la corde est fixée à une  masse mobile positionnée à plusieurs mètres de hauteur, et maintenue en place par deux électro-aimants pilotés. Le test consiste à libérer l'équipement mobile et à mesurer la force exercée au niveau de l’anneau lorsque la masse arrive en bout de course. C'est bien sûr la longueur de la corde qui fixe la hauteur et donc l'énergie de la chute. La charge appliquée sur le chariot mobile peut être réglée à loisir jusqu'à 120kg. Des répétitions sont appliquées de manière  automatisée jusqu’à la rupture de la corde.

Les essais en axe libre sont quant à eux destinés aux harnais. Le harnais sous test est monté sur un mannequin, lui-même largué en chute libre et retenu par une corde. Dans les deux cas, en plus de la force transmise au produit, on mesure également le déplacement, à l'aide de distance-mètres  laser à haute fréquence.

Vous souhaitez en savoir plus sur nos capteurs de force ou sur le ClipX ?

Deux capteurs à jauge, couplés à un conditionneur ClipX

Les deux applications sont similaires, elles ont globalement les mêmes exigences métrologiques et exigent toutes deux des capteurs durcis pour une grande résistance mécanique. « Il y a tout de même une différence notable. Le capteur pour l'essai en chute libre est soumis à des forces transverses et il est important que celles-ci aient le moins d'influence possible sur la mesure », indique Antoine Lomberty.

Restait à trouver le fournisseur. Le choix de HBK s'est rapidement imposé. Lorsqu'il était au centre de test de Décathlon au siège social à Lille, Antoine Lomberty faisait déjà appel à de l'instrumentation d'HBM/HBK. Et lorsque la décision a été prise de développer la tour de chute, il s'est naturellement tourné vers la société et a pu compter sur l'expertise de Bernard Vindret, le  spécialiste HBK couvrant la région.

Les capteurs retenus utilisent tous deux la technologie éprouvée de la jauge de contrainte et ils sont associés à un conditionneur analogique ClipX (le signal est ensuite numérisé à la fréquence de 1 kHz par la chaîne d'acquisition). Pour l'axe guidé, un capteur U93 a été retenu, avec une force nominale de 5 kN et une sensibilité de 0,5 mV/V. L'influence des forces transverses n'est pas déterminante ici mais celle-ci est tout de même intéressante puisque inférieure à 0,5 % (pour une force transverse de 10 % de la force nominale).

Pour l'axe libre, Simond a opté pour le modèle U10M, avec force nominale de 5 kN (la gamme permet d'aller jusqu'à 2,5 MN). La classe de précision est de 0,02 %. En dehors des performances métrologiques, la sensibilité (ou plutôt l'insensibilité) aux forces transverses est un paramètre essentiel ici. Celle-ci est de 0,01 % seulement (pour une force transverse de 10 % de la force nominale), soit 50 fois meilleure que pour l'U93.

Chacun de ces capteurs est associé à un conditionneur ClipX (précision de 0,01 %). « Nous  n’avions pas eu l’occasion d’utiliser jusqu’ici ce produit, mais nous avons eu la très bonne surprise de découvrir la richesse et la simplicité de l'interface Web intégrée proposée pour la configuration, particulièrement pratique et facile à utiliser sans avoir de logiciel à installer ni nécessiter de formation», conclut M. Lomberty.

Après quelques  semaines d'utilisation, si la tour de chute donne toute satisfaction, les capteurs et conditionneurs HBK y contribuent pour une bonne part.

L'exigence des marques Décathlon

L'investissement de la tour de chute auquel vient de consentir Décathlon pour sa marque Simond symbolise bien la démarche de l'enseigne, qui a placé la fiabilité et la sécurité aux premiers rangs de ses priorités. Et cela ne date pas d'aujourd'hui. C'est ainsi que depuis 2006, ses vélos B'Twin sont garantis à vie, et ses sacs à dos Quechua (sports de randonnée) bénéficient d'une garantie de 10 ans.

Cet investissement à Chamonix concrétise également l'importance que l'enseigne accorde à Simond. Resté depuis son démarrage (en 1860) une société familiale, il a trouvé une nouvelle dimension en intégrant le groupe en 2008, bénéficiant du support des nombreux points de vente en France (plus de 300) et dans le monde (un bon millier de magasins dans 70 pays). Simond fait partie de la quarantaine de marques propres à Décathlon, qui représentent environ 80 % de son chiffre d'affaires. La plupart de ces marques sont des créations ex-nihilo et Simond, qui existait en tant que société, fait donc partie des exceptions.

On notera enfin, pour l'anecdote, que Décathlon est "mal nommé" puisque ce nom évoque les dix disciplines d'une compétition d'athlétisme. Aujourd'hui, le groupe créé en 1976 propose des articles pour 87 disciplines sportives.

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